Le total varie du simple au triple selon ce qu’on accepte d’appeler une marque. Zastava, dont la dernière voiture est sortie en 2008, en est-elle une ? Et Gordini, qui n’est plus qu’un badge posé sur des Renault de collection ?
La liste ci-dessous en retient 125, rangées en trois catégories : celles dont vous pouvez commander une voiture neuve en France, celles qui se vendent ailleurs dans le monde et pas ici, et celles qui ont cessé de produire. Chacune porte son pays et son propriétaire réel, parce que le nom sur la calandre et l’entreprise qui encaisse ne sont presque jamais la même chose.
En G, deux marques seulement se vendent neuves en France
Les deux sont arrivées récemment, et la plus visible date du printemps 2026. Genesis, la branche haut de gamme de Hyundai, a ouvert ses deux premiers points de vente français à Paris et à Lille, avec trois modèles électriques : la berline G80 et les SUV GV60 et GV70. La marque vise 25 adresses d’ici fin 2028.
Autant dire qu’un essai suppose encore un déplacement.
L’autre est Geely, qui a immatriculé 191 voitures en France sur les six premiers mois de 2026. Le groupe pèse bien plus lourd que la marque qui lui donne son nom : il possède Volvo, Polestar, Lotus, Zeekr et la moitié de Smart.
Le reste de la lettre se regarde de loin. GMC vend des pick-up en Amérique du Nord, Great Wall des SUV sous les noms Haval, Tank et Ora, Ginetta des voitures de piste par dizaines. Aucun réseau français, aucune garantie utilisable ici. Gordini, enfin, n’est plus un constructeur depuis que Renault a racheté l’atelier à la fin des années 1960.
En Q, en U et en Y, vous ne pouvez rien acheter de neuf
Le Q se règle en trois noms : Qoros, coentreprise chinoise dont la production est à l’arrêt, Qvale, qui a fabriqué la Mangusta au début des années 2000, et Quant, un laboratoire du Liechtenstein resté au stade du prototype.
En U, deux marques survivent loin de nous : UAZ, l’utilitaire tout-terrain russe, et Ultima, dont les sportives britanniques se vendent en kit à monter soi-même. En Y, Yugo a fermé en 2008 et Yulon reste taïwanaise.
Le X faisait partie du lot il y a peu. Xpeng a immatriculé 3 288 voitures en France au premier semestre 2026, davantage que Geely, Omoda, Lynk & Co, Skyworth et Zeekr réunis.
Trois groupes possèdent une trentaine des noms de cette liste
| Groupe | Ses marques | Vendues en France |
|---|---|---|
| Stellantis | Abarth, Alfa Romeo, Chrysler, Citroën, Dodge, DS, Fiat, Jeep, Lancia, Maserati, Opel, Peugeot, Ram, Vauxhall | 10 sur 14 |
| Volkswagen | Audi, Bentley, Cupra, Lamborghini, Porsche, Seat, Škoda, Volkswagen | 8 sur 8 |
| Geely | Geely, Lotus, Lynk & Co, Polestar, Proton, Smart, Volvo, Zeekr | 7 sur 8 |
Ces trente noms recouvrent un nombre de plateformes techniques bien plus petit. Une Peugeot 3008 et une Opel Grandland sortent de la même usine sur la même base, et le groupe revend ensuite l’occasion de toutes ses marques sur une plateforme unique.
Choisir entre deux marques d’un même groupe, c’est souvent choisir une finition et un logo.
En face, quelques marques n’appartiennent qu’à leurs fondateurs ou à leurs dirigeants : Morgan, Pagani, Koenigsegg, Zenvo. Ce sont elles qui produisent les voitures les plus chères du monde, à des cadences dérisoires : 15 à 30 voitures par an chez Koenigsegg.
Quatorze marques chinoises pèsent 4,8 % du marché français
MG, BYD, Jaecoo, Leapmotor, Xpeng, Geely, Omoda, Lynk & Co, Skyworth, Zeekr, Aion, Hongqi, Aiways et Dongfeng. Quatorze noms, 41 048 immatriculations au premier semestre 2026. Un an plus tôt, les mêmes marques pesaient 2,6 % du marché. En juillet, le mois du lancement du leasing social, elles ont représenté 8 % des voitures neuves vendues en France.
Deux d’entre elles font presque tout le volume, MG et BYD. Les autres tiennent parfois à un seul importateur : Zeekr a immatriculé 42 voitures sur six mois, Skyworth 74, Lynk & Co 115. Une marque qui vend cent voitures par an ne finance pas un réseau d’après-vente, et son argus reste illisible tant qu’il n’y a rien à comparer en occasion.
Les marques que vous croisez encore et que vous ne pouvez plus acheter
Saab a fait faillite en 2011, Rover en 2005, Talbot a produit son dernier utilitaire en 1994, Simca a été absorbée en 1980, Panhard a arrêté les voitures particulières en 1967. Nissan a relancé Datsun en 2013 avant de refermer le dossier en 2022.
Deux départs sont plus récents. Chevrolet a quitté l’Europe fin 2015. Infiniti, la marque haut de gamme de Nissan, a plié bagage en Europe de l’Ouest en 2020, après douze ans d’échec. Jaguar, enfin, ne vend plus rien de neuf ici depuis 2025 et annonce son retour pour 2027.
Une marque morte ne pose pas de problème de pièces tant que le groupe qui l’a absorbée existe encore : une Saab 9-5 de 2010 partage sa plateforme avec une Opel Insignia, et ses trains roulants se trouvent. Le danger se situe à l’autre bout de la liste, du côté des marques arrivées en France depuis trois ans avec quelques dizaines de voitures immatriculées. Nous déconseillons d’acheter neuf chez l’une d’elles tant que son importateur n’a pas tenu deux exercices complets : c’est lui, et pas le constructeur, qui honorera la garantie.