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Mis à jour le 15 octobre 2026
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Comment surveiller sa voiture garée : ce que la vidéo prouve

1 337 000 actes de vandalisme contre la voiture en 2018, 59 % dans la rue, et une victime sur dix sait qui. Ce que filme chaque caméra, et ce qu'elle vaut.

15 octobre 2026 Publication 9 min Temps de lecture

1 337 000 actes de vandalisme contre la voiture ont été recensés en France en 2018, et 59 % d’entre eux ont visé un véhicule stationné dans la rue. Une victime sur dix seulement sait qui a rayé sa portière. C’est ce trou-là que la vidéo prétend boucher.

Deux dispositifs se disputent le rôle et ne font pas le même travail. La dashcam en mode parking filme depuis l’habitacle et vit sur la batterie du véhicule. La caméra de façade voit la scène de haut, ne manque jamais de courant si elle est câblée, et se heurte à une interdiction que presque personne ne connaît.

Ce qui filme depuis la voituredashcam en mode parking, sur la batterie 12 V, par un câble à coupure basse tension
Ce qui filme depuis la maisoncaméra de façade, câblée ou sur batterie, cadrée sur la seule propriété
Ce qui décide de l’autonomiele seuil de coupure, réglable de 11,8 V à 12,4 V
Ce que la loi interditorienter une caméra privée vers la voie publique

Le mode parking filme par à-coups, jamais en continu

Une dashcam laissée allumée moteur coupé n’enregistre pas la nuit entière. Elle bascule dans l’un des trois régimes proposés par les fabricants, et chacun rate quelque chose de précis.

La détection de choc s’appuie sur l’accéléromètre du boîtier. Rien ne s’écrit tant que la carrosserie ne bouge pas ; un choc de portière déclenche un fichier de quelques dizaines de secondes, rangé à part et protégé de l’effacement. Le défaut saute aux yeux : une clé passée lentement le long d’une aile ne secoue rien, donc rien ne s’enregistre.

La détection de mouvement, elle, regarde l’image et déclenche dès qu’une zone change. Elle attrape la rayure que l’accéléromètre a manquée. Elle attrape aussi le chat, la branche et les phares de chaque voiture qui passe : plusieurs centaines de fichiers à parcourir au matin sur une place en bord de rue.

Le time-lapse, lui, prend une image par seconde et compose un film accéléré de la nuit. Rien ne manque, mais un visage ou une plaque tombent une fois sur deux entre deux images.

Le seuil de coupure décide du nombre d’heures tenues

Le mode parking ne vit que si la caméra reste alimentée moteur coupé, ce que la prise douze volts ne fait plus sur les voitures récentes. Il faut un câble permanent, branché sur la boîte à fusibles, et ce câble porte l’électronique dont tout dépend : un seuil de coupure.

Sous ce seuil, l’alimentation est coupée pour laisser de quoi démarrer. Les modèles fixes coupent vers 11,6 V, les réglables de 11,8 V à 12,4 V. Sur une batterie au plomb au repos, 12,4 V correspondent déjà à 75 % de charge et 11,8 V à 10 %. Nous réglons à 12,0 V sur une batterie de moins de trois ans, et à 12,2 V au-delà.

La consommation va de 0,2 A en veille sur choc à près de 0,45 A quand la détection de mouvement travaille. L’âge de la batterie pèse ensuite autant que le réglage.





Le contrôle se fait au réveil. Une tension au repos supérieure à 12,4 V le lendemain matin veut dire que le réglage tient ; sous 12,2 V, remontez le seuil d’un cran. Une valise de diagnostic sur la prise OBD affiche cette valeur.

Une carte de 128 Go retient 24 heures en 1080p

L’enregistrement tourne en boucle : la carte se remplit, puis les fichiers les plus anciens sont écrasés. Seul le fichier marqué par un choc y échappe, et c’est un piège connu. Rangé dans un dossier protégé, il ne s’efface jamais tout seul et finit par manger la carte si personne ne le vide.

Carte1080p (12 Mbit/s)2K (20 Mbit/s)4K (40 Mbit/s)
64 Go12 h7 h3 h 30
128 Go24 h14 h7 h
256 Go47 h28 h14 h

Ces durées se divisent par deux dès qu’un module arrière écrit un second flux.

Une carte de 128 Go en 1080p se réécrit donc entièrement chaque jour, soit plus de 300 cycles complets par an. Un modèle ordinaire, dessiné pour un appareil photo, ne tient pas ce régime : il rend des fichiers illisibles au bout de quelques mois, sans rien signaler. Les cartes vendues comme haute endurance sont construites pour cette écriture permanente, et nous déconseillons d’économiser sur cette ligne du devis.

Une caméra de façade ne lit une plaque qu’à quatre mètres

Posée à trois ou quatre mètres de haut, une caméra de façade couvre la place devant la maison sans angle mort. Ce qu’elle en tire dépend du nombre de pixels par mètre à la distance visée. La norme EN 62676-4 en fixe les paliers : 25 pixels par mètre pour détecter une silhouette, 125 pour la reconnaître, 250 pour l’identifier.

Avec un objectif grand-angle de 90 degrés, un capteur 1080p rend 960 pixels par mètre divisés par la distance. À 4 mètres, il atteint 240 pixels par mètre et identifie. À 10 mètres, il tombe à 96 et ne distingue plus qu’une silhouette. Le 2K repousse le palier d’identification à 5 mètres, la 4K à 7,7 mètres. Au-delà, la plaque de la voiture qui a reculé dans la vôtre restera illisible, quel que soit le prix du boîtier.

La nuit creuse un second écart. L’infrarouge rend une image en noir et blanc où une carrosserie sombre disparaît. Un capteur couleur associé à un projecteur garde la teinte du véhicule, au prix d’une lumière qui s’allume à chaque passage.

Reste l’alimentation. Une place en bord de rue provoque plusieurs dizaines de déclenchements par jour, et chacun réveille le capteur et envoie la séquence sur le réseau. Les autonomies annoncées supposent un rythme bien plus calme, et les relevés publiés sur l’eufyCam 3C donnent la mesure de l’écart. Sur une façade, un câble referme la question.

La CNIL interdit de filmer la rue, même pour votre voiture

Ici, le matériel ne décide de rien. Un particulier peut filmer l’intérieur de son logement, son jardin, son allée privée. Il ne peut filmer ni le trottoir ni la chaussée. La CNIL l’écrit sans détour dans sa fiche sur la vidéosurveillance chez soi : les particuliers n’ont pas le droit de filmer la voie publique, y compris pour assurer la sécurité de leur véhicule garé devant leur domicile.

Une voiture rangée dans une cour privée ou un garage entre donc dans le cadre autorisé. La même voiture le long du trottoir n’y entre pas, et le voisin dont la fenêtre apparaît dans le champ peut saisir la CNIL ou le tribunal civil. Le masquage de zone, proposé par presque toutes les caméras, règle le cas des façades où la propriété et la rue se partagent le cadre.

La dashcam échappe à cette règle : elle filme depuis un véhicule privé, en boucle, pour un usage strictement personnel. Diffuser ces images est une autre affaire, visages et plaques doivent alors être floutés. Pour une voiture garée sur la voie publique, c’est le seul dispositif qui tienne.

Ce que l’assureur fait vraiment de vos images

Une vidéo n’ouvre aucun droit à elle seule. Ce qui déclenche l’indemnisation, c’est une garantie : dommages tous accidents, ou une garantie vandalisme souscrite à part. Au tiers sans option, une voiture rayée sans auteur identifié n’est pas couverte, même filmée sous tous les angles. C’est la ligne à vérifier dans son contrat, au même titre que le reste des garanties.

Avec la garantie, la déclaration part sous cinq jours ouvrés, le dépôt de plainte est réclamé par presque tous les contrats, et la franchise reste à votre charge. Elle ne revient que si l’auteur est identifié et que le recours de l’assureur aboutit. Le sinistre, lui, ne touche pas le coefficient de bonus-malus.

Les chiffres disent à quel point ce recours sert peu. Parmi les ménages dont la voiture a été vandalisée, 28 % déclarent le sinistre à leur assureur et 18 % déposent plainte, d’après l’enquête Cadre de vie et sécurité. Sur ceux qui déclarent, 70 % sont indemnisés et un quart apprennent que leur dossier n’ouvre aucun droit. La vidéo ne déplace pas ces proportions. Elle sert à une chose, nommer l’auteur : sans lui, la franchise reste à votre charge ; avec lui, l’assureur va la chercher.

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