Une assurance auto jeune conducteur coûte en moyenne 1 630 € par an, à peu près le double de ce que paie un automobiliste installé depuis quinze ans. Changer d’assureur fait gagner quelques dizaines d’euros. Choisir entre le tiers et le tous risques en fait gagner mille.
Le critère qui tranche tient en une division. Comparez la valeur de revente de la voiture au surcoût annuel du tous risques multiplié par le nombre d’années où vous comptez la garder, franchise comprise. Le reste vient après.
| Au tiers | Tiers étendu | Tous risques | |
|---|---|---|---|
| Ce qui est couvert | les dommages causés aux autres | vol, incendie, bris de glace en plus | votre voiture aussi, même quand vous êtes responsable |
| Cotisation annuelle moyenne | 1 127 € | 1 385 € | 2 398 € |
| Franchise après un accident responsable | sans objet | sans objet | 1 000 à 2 000 € avec un permis récent |
| Si vous détruisez la voiture seul | rien ne vous est versé | rien ne vous est versé | la cote, moins la franchise |
Le tous risques se paie en trois ans ce que la voiture vaut
Prenons une citadine de 2014 cotée 4 500 €. Le tous risques coûte environ 1 270 € de plus par an que le tiers. Sur trois ans, cela fait 3 810 €, auxquels s’ajoute une franchise autour de 1 000 € le jour où vous cassez. Soit 4 810 € engagés pour espérer récupérer, au mieux, 4 500 € une seule fois.
La règle tient en une opération : divisez la cote de la voiture par le surcoût annuel du tous risques, et si le résultat est inférieur au nombre d’années pendant lesquelles vous comptez la garder, le tiers gagne sans discussion. À 4 500 € de cote et 1 270 € d’écart, le seuil tombe à trois ans et demi. Au-delà de 8 000 €, le calcul bascule.
Deux situations rendent ce calcul sans objet : une voiture achetée à crédit, une voiture prise en location avec option d’achat. Le contrat impose le tous risques. Le leasing social tombe dans le même cas, avec un piège de budget : les 100 à 140 € de loyer mensuel ne comprennent pas l’assurance, qui se souscrit à part et dépasse souvent le loyer lui-même quand le permis est récent.
Ce que le tous risques fait mieux, et que le tiers ne rattrape jamais
Un conducteur novice détruit surtout sa propre voiture, souvent seul, contre un trottoir ou un platane. C’est le sinistre le plus probable des premières années, et le tiers le laisse entièrement à découvert. Vous ne touchez rien. Les mensualités du crédit, elles, continuent de tomber.
Le tiers étendu comble une partie du trou pour 260 € de plus par an : vol, incendie, bris de glace. Sur une voiture garée dans la rue toute la nuit, c’est le meilleur rapport du tableau.
Ce que la surprime coûte sur votre profil
Deux majorations différentes se multiplient sur la même facture
La surprime et le coefficient de réduction-majoration sont deux mécanismes distincts, et ils s’appliquent l’un après l’autre. La surprime sanctionne le manque d’ancienneté d’assurance. Le coefficient de réduction-majoration démarre à 1,00, perd 5 % par année sans accident responsable et gagne 25 % à chaque accident responsable.
Un accident la première année frappe deux fois. Le coefficient passe à 1,25, et la surprime reste bloquée à son taux plein puisque sa décroissance exige douze mois sans sinistre responsable et que le compteur repart de zéro après chaque accroc. Sur une cotisation de référence de 700 €, la facture grimpe à 1 750 € au lieu de 998 €. Un choc de parking à 1 500 € de dégâts se rembourse ainsi pendant deux ans, en cotisations.
La surprime disparaît en troisième année, pas en quatrième
Le barème est encadré, et il est plus court que ce que beaucoup de conducteurs croient : 100 % la première année, 50 % la deuxième après douze mois sans accident responsable, puis plus rien du tout la troisième.
1re année
2e année
3e année
Avec la conduite accompagnée, la même échelle démarre à 50 %, tombe à 25 %, puis s’éteint. Si un assureur vous facture encore une majoration jeune conducteur en troisième année sans accident, réclamez le détail du calcul.
Le statut ne dépend pas de l’âge. Un automobiliste de 45 ans qui n’a jamais été assuré comme conducteur principal le subit intégralement.
Les leviers qui font baisser la note, par ordre d’effet
La conduite accompagnée divise la surprime par deux. Aucun autre dispositif n’a ce poids, et elle se décide à 15 ans. Personne ne la rattrape après.
Être déclaré conducteur secondaire sur le contrat des parents pendant deux ou trois ans vient juste derrière. Le relevé d’information porte ces années, et la plupart des assureurs les reprennent quand vous souscrivez en votre nom. La limite est nette. Si vous conduisez la voiture tous les jours, vous en êtes le conducteur principal, et la fausse déclaration se paie par une indemnité réduite, parfois par un contrat annulé au pire moment.
Le reste tient à la voiture. Le groupe tarifaire pèse plus lourd que le nom de l’assureur, et une citadine essence de 90 ch se situe deux crans sous un SUV compact. Les gammes d’entrée de Renault et de Peugeot sont les plus recherchées pour cette raison, avec la Sandero de Dacia et la Toyota Yaris, régulièrement en tête des modèles les moins chers à couvrir : cote basse, pièces courantes. Dans une même gamme, chaque cran de puissance remonte le groupe tarifaire : la finition sportive se paie deux fois, à l’achat puis tous les ans. Une occasion récente prise sur Spoticar coûte moins cher à couvrir qu’un modèle neuf de puissance équivalente.
En dessous de 8 000 km par an, les formules au kilomètre rendent 10 à 15 %, et le paiement annuel supprime les frais de fractionnement.
Qui prend quoi
Léa, 19 ans, Twingo de 2013 payée 3 200 €, 6 000 km par an, garée dans la rue. Tiers étendu. Le tous risques lui coûterait sur deux ans davantage que la voiture, et le vol reste son vrai risque.
Hugo, 24 ans, Peugeot 208 de 2022 en location avec option d’achat. Tous risques imposé par le contrat. Ses marges sont ailleurs : franchise relevée volontairement, kilométrage déclaré au plus juste, et boîtier qui note sa conduite s’il roule calmement.
C’est la valeur de la voiture qui décide, pas l’attachement qu’on lui porte. Une occasion qui vaut moins que trois ans de surcoût s’assure au tiers, et l’écart mis de côté couvre largement la réparation d’un choc de parking.