Deux voitures portent le nom Capri chez Ford. Un coupé à propulsion produit de 1969 à 1986, capot interminable, deux portes, parfois un V6. Et un SUV électrique de 4,63 m lancé en 2024, qui a récupéré le nom et la signature des feux arrière. Le coupé se cherche en petites annonces, avec une cote qui va de 1 000 € à plus de 60 000 € selon la version, et des points de rouille qui décident du prix.
Le coupé Capri est la réponse de Ford à la Mustang, vendue de 1969 à 1986
Ford Europe voulait refaire de ce côté-ci de l’Atlantique ce que la Mustang avait réussi : une carrosserie flatteuse posée sur des organes de grande série, vendue au prix d’une berline familiale. Présentation au salon de Bruxelles en janvier 1969, livraisons dès février. Les voitures sortent de Cologne et de Halewood.
Trois générations se succèdent sans jamais changer d’architecture : moteur à l’avant, roues arrière motrices, essieu rigide sur ressorts à lames.
| Génération | Années | Ce qui la distingue |
|---|---|---|
| Mk1 | 1969-1974 | malle de coffre classique, V4 et V6, versions RS 2600 et RS 3100 |
| Mk2 | 1974-1978 | hayon et banquette rabattable, surfaces vitrées agrandies |
| Mk3 | 1978-1986 | doubles optiques, becquet avant intégré, 2.8 Injection à partir de 1981 |
La Capri quitte le catalogue français en avril 1984. La production continue jusqu’en décembre 1986 pour le seul marché britannique et s’achève sur 1 038 exemplaires d’une série 280, peints en vert Brooklands, avec sièges Recaro en cuir et différentiel autobloquant. Au total, 1 886 647 voitures. Cette abondance explique qu’on en trouve encore, et qu’aucune version à quatre cylindres ne vaudra jamais très cher.
La cote du coupé Ford Capri va de 1 000 € à 60 000 €
Le prix ne dépend presque pas de l’année. Il dépend du moteur, puis de l’état de la caisse. Une 1.3 Mk3 fatiguée part sous 2 000 €, une RS 3100 dépasse 60 000 € au guide de cotation, et entre les deux la courbe est plate : la plupart se traitent entre 4 000 et 12 000 €.
Ces fourchettes valent entre particuliers. Chez un marchand spécialisé, les prix demandés n’ont plus grand rapport : les mêmes voitures s’affichent entre 15 900 € et 130 000 €, avec des RS 2600 autour de 80 000 €. Une carrosserie refaite sans factures, une origine britannique non déclarée ou un compteur remis à zéro coûtent un tiers de la valeur à la revente. Face à l’Opel Manta B GT/E, sa rivale d’époque, la Capri garde l’avantage sur les pièces mécaniques et le handicap sur les tôles de Mk1.
Ce que vous devez vérifier avant d’acheter une Capri
La rouille décide de tout. Les longerons de support moteur, l’intérieur des ailes avant, le bas du pare-brise, les passages de roue arrière, les bas de caisse et les points d’ancrage des ressorts à lames. Sur les Mk2 et Mk3, ajoutez le pourtour de la lunette du hayon. Le toit vinyle est le pire cas : il retient l’humidité et le pavillon se perce sous une surface encore présentable.
Côté mécanique, le V6 Essex 3 litres des Mk1 et Mk2 porte un pignon de distribution en fibre qui casse sans prévenir. La distribution est interférente : une casse détruit les soupapes et souvent les pistons. Un pignon acier de remplacement est un bon point sur une annonce, pas un défaut. Le V6 Cologne 2,8 litres des Mk3 tient mieux, mais rend rarement les 160 ch annoncés.
Trois vérifications qui coûtent cher si on les saute :
- Le numéro de série et la plaque constructeur, contre les badges. Des 2.0 S transformées en 2.8i circulent depuis les années 1990.
- Le côté de la direction. Beaucoup de Capri proposées en France sont des importations britanniques, et une conversion à gauche mal faite se paie à la revente.
- La boîte type 9 sur les versions tardives, deuxième synchro en tête. Un craquement à froid ne se répare pas au réglage.
Les pièces mécaniques restent trouvables, portées par les clubs. Les tôles de Mk1 et les plastiques intérieurs, beaucoup moins.
La Capri de 2024 est un SUV électrique, pas un coupé
Ford a ressorti le nom en 2024 pour un SUV à toit fuyant construit à Cologne, sur la plateforme électrique MEB de Volkswagen, celle de l’ID.5. L’entrée de gamme se vend à partir de 42 490 €, avec une batterie de 58 kWh, 190 ch et 464 km annoncés. La version propulsion à grande autonomie monte à 77 kWh, 286 ch, 627 km et 6,4 s de 0 à 100 km/h ; la transmission intégrale culmine à 340 ch pour 592 km.
| Coupé 1969-1986 | SUV depuis 2024 | |
|---|---|---|
| Carrosserie | coupé 2 portes | SUV 5 portes, 4,63 m |
| Motorisation | 1,3 à 3,1 l, essence | 100 % électrique |
| Poids | environ 1 000 kg | environ 2 100 kg |
| Base technique | Ford Cortina et Taunus | Volkswagen MEB |
Les reproches sont toujours les mêmes : la garde au toit arrière sacrifiée à la ligne fuyante, la charge en courant alternatif plafonnée à 11 kW quand des concurrentes acceptent 22 kW, et un châssis agréable qui ne suffit pas à justifier l’écart de prix avec les ID.4 et ID.5 de Volkswagen. Le marché a tranché. Ford ramène l’usine de Cologne à une seule équipe en janvier 2026 et y supprime jusqu’à 1 000 postes, faute de demande pour ses deux SUV électriques. Nous déconseillons l’achat neuf : une Capri de première main se dépréciera vite, quand le coupé de 1969 prend de la valeur depuis vingt ans.