Peugeot a sorti 5 278 300 exemplaires de la 205 entre février 1983 et décembre 1998. Une citadine de 3,70 m qui a redressé le constructeur, raflé deux titres mondiaux des rallyes avec sa version T16, puis cédé la place à la 206. Elle se revend aujourd’hui entre 500 € et plus de 30 000 €, et l’écart tient rarement au kilométrage.
| Produite de | février 1983 à décembre 1998 |
| Exemplaires | 5 278 300 |
| Assemblée à | Mulhouse, Sochaux, Poissy, Madrid, et quatre sites hors d’Europe |
| Carrosseries | trois portes, cinq portes, cabriolet, fourgonnette |
| Moteurs | 1.0 à 1.9 essence de 45 à 130 ch, 1.7 et 1.8 diesel |
| Palmarès | championne du monde des rallyes 1985 et 1986, Paris-Dakar 1987 et 1988 |
La GTI arrive le 1er mars 1984 avec un 1.6 de 105 ch, passe à 115 ch en 1986, puis reçoit un 1.9 de 130 ch la même année. À côté, deux séries que les collectionneurs s’arrachent : la Rallye 1.3 de 103 ch, sans direction assistée ni fioritures, produite à 30 111 unités, et la Turbo 16 de route, 200 exemplaires construits pour homologuer la voiture de course.
La cote d’une Peugeot 205 va de 500 € à plus de 30 000 € selon la version
| Version | Puissance | Fourchette constatée |
|---|---|---|
| Diesel et turbo diesel | 60 à 78 ch | 500 à 3 500 € |
| Junior, XE, XL, GR, XR | 45 à 60 ch | 800 à 4 000 € |
| XS, GT, Roland Garros | 80 à 94 ch | 2 000 à 8 500 € |
| Cabriolet CJ | 65 à 85 ch | 2 500 à 9 000 € |
| GTI 1.6 | 105 puis 115 ch | 8 000 à 20 000 € |
| Cabriolet CTI | 105 à 130 ch | 9 000 à 20 000 € |
| Rallye 1.3 | 103 ch | 12 000 à 25 000 € |
| GTI 1.9 | 130 ch, 122 ch catalysée | 12 000 à 30 000 € |
| GTI Griffe, 1 652 exemplaires | 130 ch | 25 000 à 50 000 € |
Le marché a basculé vite. Le prix moyen affiché en petite annonce tournait autour de 11 000 € en 2020 ; il atteignait 21 215 € fin 2023, pendant que le nombre d’annonces reculait de 31 % en deux ans. Les barèmes publiés en 2021 plafonnaient la GTI 1.9 à 25 000 €. Cinq ans plus tard, ce chiffre désigne un bon exemplaire ordinaire.
Sur une 205, c’est l’origine qui fait le prix, pas le compteur
Une 205 à 200 000 km entretenue et jamais touchée vaut plus qu’une 90 000 km repeinte, rabaissée et regarnie. Le compteur ne dit presque rien. Quatre choses déplacent vraiment le curseur.
L’authenticité d’abord : moteur correspondant à la version, jantes, volant, sièges et sellerie d’origine, teinte de caisse jamais changée. La 205 a été la voiture des vingt ans de deux générations, et une bonne partie du parc a été modifiée entre 1995 et 2010.
L’historique ensuite. Factures d’entretien, carnet, rapports de contrôle technique successifs : un dossier qui retrace la vie de la voiture ajoute plusieurs milliers d’euros sur une GTI, et rien du tout sur une Junior.
Enfin la rouille, non pas son absence mais la façon dont elle a été traitée. Une réparation ancienne et mal faite se paie deux fois.
Quatre postes coûtent cher sur une 205, et la rouille arrive en tête
- La corrosion. Bas de caisse, bas de portes, intérieur et bord des passages de roues arrière, planchers sous la moquette, fond de coffre sous le tapis, points d’ancrage des trains roulants. Regardez ces six endroits avant le moteur, et regardez-les sur un pont.
- Le train arrière. Les paliers à aiguilles se fatiguent, les barres de torsion s’affaissent. Trois signes suffisent, sans rien démonter : pneus arrière usés sur le bord intérieur, arrière qui tombe plus bas que l’avant, bruit sourd sur les bosses. Les pièces d’un kit de réfection valent une centaine d’euros ; c’est la dépose qui pèse sur la facture.
- La sellerie et la planche de bord. Les tissus des GTI et des séries spéciales ne se refabriquent plus. Un siège conducteur déchiré se rachète d’occasion, à un prix qui surprend.
- La mécanique déguisée. Des 1.6 vendues en 1.9, des moteurs de 309 greffés, des blocs échangés sans trace écrite. Le numéro de moteur et celui du châssis se vérifient en dix minutes et vous évitent une décote de moitié à la revente.
Face à la Golf GTI et à la Super 5 GT Turbo, la 205 GTI se conduit autrement
| 205 GTI 1.9 | Golf GTI 16S | Super 5 GT Turbo | |
|---|---|---|---|
| Années | 1986-1994 | 1986-1991 | 1985-1991 |
| Puissance | 130 ch | 139 ch | 120 ch |
| Poids | 880 kg | environ 1 025 kg | environ 855 kg |
| Bel exemplaire | 18 000 à 30 000 € | 12 000 à 18 000 € | 20 000 à 30 000 € |
La Golf est la plus saine des trois : châssis neutre, finition qui a mieux vieilli, pièces encore disponibles chez le concessionnaire. La Super 5 va plus fort en sortie de virage grâce à son turbo, mais sa mécanique supporte mal la négligence et les exemplaires sains sont plus rares.
La 205 GTI, elle, se distingue par son train arrière. Levez le pied en pleine courbe et l’arrière pivote, franchement. Ce comportement fait sa réputation et explique aussi le nombre d’exemplaires accidentés qui circulent encore. Nous déconseillons de l’acheter sans un essai long, sur route mouillée si possible.
Il n’existe aucune nouvelle Peugeot 205, ni thermique ni électrique
Les images de 205 GTI électrique qui tournent depuis trois ans sont des travaux de designers indépendants. Aucun projet de ce nom ne figure au programme de Peugeot.
Ce que la marque a fait, c’est ressortir le badge GTI, abandonné depuis fin 2020, et le poser sur sa citadine actuelle. La e-208 GTi annoncée à 42 900 € développe 280 ch et 345 Nm, tire 350 km d’autonomie d’une batterie de 54 kWh, et dépasse les 1 500 kg sur la balance.
Une GTI 1.9 en pesait 880 pour 130 ch. Le rapport a changé de sens : la voiture d’aujourd’hui a le double de puissance et près du double de masse. Qui cherche la sensation de 1988 ne la trouvera pas chez un concessionnaire, mais dans les annonces, avec le lot de rouille et de paliers usés qui va avec.